Le sens de la vue chez le chien

La vision du chien se différencie de celle de l’homme par quatre caractéristiques principales :

  1. Les couleurs : Contrairement à l'idée reçue, le chien ne voit pas en noir et blanc. Son spectre de vision est juste beaucoup plus étroit que le nôtre. Il se limite au jaune et au bleu pour un résultat qui est plus proche d’une vision monochromatique que d’une vision colorée.

    le spectre de vision du chien

  2. L'acuité visuelle: Chez le chien elle est globalement plus faible que chez l’homme. Par contre sa vision nocturne est largement supérieure à la nôtre (5 fois moins de lumière suffit pour qu’il se dirige sans effort dans un milieu accidenté). Fier descendant du loup, chasseur nocturne par excellence, le chien est capable de distinguer une proie mouvante au moyen de la seule lumière émise par les étoiles. On retrouve cette même capacité chez le chat. Cette particularité anatomique est due à une pellicule fluorescente (tapetum lucidum) qui recouvre le fond de la rétine et qui joue le rôle d’amplificateur de lumière. Cette pellicule provoque l’aspect « yeux fluorescents » des chiens, la nuit venue. Précisons que tous les chiens sont presbytes et voient donc très mal les détails à moins de 25 cm.

  3. Le champ de vision: Il est plus important que le nôtre. Cette caractéristique est variable en fonction de la race, de la forme du crane, de la gueule et surtout de la position des yeux du chien. Mais la zone de coïncidence (zone de vision naturelle du relief) est ainsi plus faible.

    la vision periphérique du chien

  4. La fréquence de vision: Elle est beaucoup plus élevée que la nôtre. Nous voyons un maximum de 16 images par seconde (fréquence début du cinéma amateur quand les mouvements paraissaient saccadés). A 24 images par seconde (25 pour la télévision) nous percevons les images comme un mouvement continu, sans les séparer les unes des autres. En augmentant la fréquence de vision, au cinéma par exemple, on tourne à 50 images par seconde pour obtenir, à la projection, un ralenti. On décompose nettement mieux les mouvements sur ces fameux « ralentis » cinématographiques qui correspondent à une vision canine. Conséquence : un chien est sensible à un mouvement humain à 1,5 km alors qu’il ne distinguera rien d’un objet immobile à 20 m. Il verra de la télévision une série d’images saccadées sans lien entre elles. Pas téléphage, le chien... Cette fréquence élevée donne au chien un temps de réaction plus rapide que le nôtre.

En conclusion : le chien voit moins bien avec son œil que l'homme (en acuité et en couleur, pas en vitesse ni en champ). Mais imaginons que l’on parle, à propos du chien, de perception au lieu de vision. Le chien entend beaucoup mieux que nous (avec une bande passante supérieure), sent incomparablement mieux (avec une palette d’odeurs cent fois plus étendue) et on peut même imaginer un autre sens que nous aurions entièrement perdu (on comprend mal comment ces animaux, déportés à plus de cent kilomètres, retrouvent leur niche). Avec ces trois sens, au moins, le chien crée une sorte de carte instantanée de son environnement qui lui permet de se diriger en toutes circonstances, de chasser efficacement pour se nourrir, de prévoir les dangers, bref d’évoluer aisément dans le monde qui l’entoure. La vision humaine n’est plus combinée avec d’autres sens parce que nous l’avons isolée, pensant ainsi que l’œil fonctionnait comme un instrument optique. Nos perceptions de l’environnement sont aujourd’hui presque exclusivement visuelles. Il n’en va pas de même dans le monde animal, combinant différents sens pour créer une représentation de son biotope qui, si l’on en croit ses facultés à survivre, vaut bien la nôtre.